5 erreurs à ne pas commettre quand on s’associe

Attention à la peau de banane. 5 erreurs à éviter quand on s'associe.

7 boites sur 10 se plantent à cause d’un problème relationnel entre associés. Pourtant de nombreuses séparations pourraient être évitées si certaines erreurs étaient envisagées dès le début de l’association.  Manque de considération des valeurs de l’autre, fausse bonne idée de répartition des parts ou plus de vie privée, je décrypte avec vous les 5 erreurs que vous ne devez pas commettre pour créer une association saine et prospère.

 

Vous venez de vous associer, super ! Pourtant, je suis certain que vous avez commis des erreurs dès le début. Vous avez mis la charrue avant les bœufs, vous êtes partis en voyage de noce avant d’avoir dit oui. Si, si. Je le vois. 

Alors quelles sont ces erreurs que vous avez commises et qu’il faut absolument éviter ?

 

1. Ne pas connaître les valeurs de l’autre

 

Dans une association, les valeurs servent de repère. Conduire son entreprise du bon pied, c’est aussi connaître les valeurs de son associé. On parle de savoir ce qui importe le plus pour lui. Et passer outre ce qui est important, en tout état de cause, c’est franchir une ligne rouge.

Oui, oui, oui. Si vous transgressez sciemment la valeur de votre associé, vous êtes dans l’agression consciente. On peut d’ailleurs faire un parallèle très rapide avec notre article sur les 3P : une valeur bafouée, c’est un facteur prédisposant pour se planter.

 

Une Valeur, késako ?

 

Une valeur est un principe fondamental, qui vous définit viscéralement. Une valeur peut être humaine, morale, commerciale, marketing, sociale … Ce peut être la bienveillance, le respect de la tradition, la satisfaction client, la confiance, la loyauté, la qualité de vie, la liberté…

Quelle qu’elle soit, elle compte pour vous. Bafouer cette valeur, c’est VOUS agresser.

 

J’me présente, je m’appelle Henri

 

Bon, vous savez que ce n’est pas vrai. Je m’appelle Franck. DONC, en disant « je m’appelle Henri », je mens. Et bien, le mensonge est impensable pour Karine, mon associée. Ne pas mentir est une valeur fondatrice pour elle, dans notre relation personnelle et dans notre relation avec l’extérieur.

Alors, si elle apprend que j’ai menti, elle se sentira trahie et n’aura plus confiance en moi. Elle va douter de tout ce que je lui dirai. Même si ce mensonge est en réalité anodin, il peut déstabiliser toute une confiance et détruire notre relation.

Il est donc primordial que j’en tienne compte dans mon comportement et que je respecte cette valeur fondamentale pour elle.

En clair : oui, votre honneur, toute la vérité, rien que la vérité, juré, craché, croix de bois, croix de fer, tout ça, tout ça.

Et c’est valable avec n’importe quelle valeur dès l’instant qu’elle compte. On respecte les valeurs de son associé et on agit en conséquence.

 

Peut-on négocier une valeur ?

 

Quand je pose cette question à des entrepreneurs en train de s’associer, la plupart du temps, ils me répondent « oui » avec la bouche en cœur.  Du coup, je leur administre une volée de bois vert : NON, UNE VALEUR N’EST PAS NEGOCIABLE. 

Si vous acceptez que votre associé bafoue vos valeurs sans rien dire parce que vous avez décidé de prendre sur vous, autant vous étaler directement devant lui et vous laisser littéralement marcher dessus. Sans opposition, votre associé pensera que ce n’est pas trop grave et répétera son comportement sans forcément avoir conscience que c’est une agression.

La répétition de ce comportement va alors entrainer chez vous des frustrations. Votre association battra de l’aile et puis BIM conflit sur le long terme.

 

Donc, faites ensemble un test de valeurs au moment de vous associer, définissez les valeurs qui sont importantes et communiquez-les à votre associé.

Test de valeurs

 

🎯  Prenez chacun un papier – nous on était à l’apéro, donc on a pris un carton de bière

🎯  Inscrivez les 3 valeurs* les plus importantes pour vous

🎯  Comparez les résultats

Le but n’est pas d’avoir les mêmes valeurs, car elles peuvent être complémentaires. Non, le but est d’avoir conscience de ce qui importe pour l’autre, afin de construire une association sur les bonnes bases.

* si vous avez des difficultés à identifier vos valeurs, vos pouvez faire le test de Schwartz, psychologue spécialiste dans ce domaine.

2. S’associer sur base d’un 50/50

 

« Comment ça, c’est une erreur ? Ben 50/50, c’est équitable ! Et on veut une répartition équitable ! »

Oui, oui, je vous entends. Comme 90% des gens, vous pensez que s’associer à parts égales est plus juste. Sauf que, et croyez-en mon expérience, en fonctionnant comme ça, c’est le gros foutoir lorsqu’il faut faire des arbitrages.

En faisant du 50/50, lorsqu’il y a désaccord, c’est le statu quo : personne n’a le pouvoir de prendre le dessus. Par effet boule de neige, ça peut entrainer un blocage total de votre entreprise … et sa faillite.

Imaginez que vous n’êtes plus d’accord sur :

📍  La politique RH

📍  Le système de rémunération

📍  La distribution des dividendes

📍  La politique d’investissement

📍  La stratégie commerciale

 

Et je pourrais continuer cette liste jusqu’à l’épuisement. C’est sans fin : les problèmes s’accumulent très vite. Alors, docteur, que faire ?

 

Un pourcentage par rapport … à l’apport

 

Donc, on le répète, on ne fait pas de 50/50. On détermine la répartition des parts sur des critères objectifs que l’on valorise :

❓  Qui a apporté combien pour créer la boite ?

❓  Qui a eu l’idée ?

❓  Qui a apporté le réseau ?

❓  A qui appartiennent les locaux ?

❓  A qui appartiennent les équipements ?

Et, si après cet exercice, vous êtes toujours à 50/50, trouvez une troisième personne et optez pour une répartition à la : 49/49/2.

Cette personne, la plus neutre possible, sera à même de trancher en cas de blocage, de manière objective et dans l’intérêt de la société.

 

3. Ne pas prévoir de timesheet

 

« Tempus fugit » a dit Virgile, le poète romain. « Le temps, c’est de l’argent », a dit Benjamin Franklin. « Remplis ton timesheet », m’a dit Karine encore hier soir.

Le problème de ne pas prévoir de timesheet – feuille de temps en bon français – est que vous ne pouvez pas objectiver le temps investi par chacun dans la boite. Et le manque d’objectivation crée des tensions.

Dans la pratique, je le vois régulièrement : en s’associant, on part du principe que l’autre va bosser autant que soi. Et que, par confiance aveugle, le timesheet est une perte de temps. Mais quand au fil du temps, on en vient à penser que l’autre ne fait rien, il n’y a pas de point de comparaison … Puisque vous n’avez rien noté à la base. C’est une cause récurrente de conflit.

Un jour, un client m’a dit : « Je n’en peux plus. C’est moi qui fais tout. En plus, mon associé ne vient même plus au bureau ». En réalité, son associé travaillait bel et bien : il était juste sur le terrain, en clientèle, enchainant les rendez-vous. Mais sans rien en communiquer.

(Ce qui me fait penser que la COMMUNICATION, C’EST LA BASE, bon sang de bon soir)

 

Établir un bon timesheet

 

👉  Établissez votre timesheet par heure et non par jour. Parce qu’un jour, ce n’est pas quantifiable. Pour moi, un jour, c’est 10 heures, pour Karine, c’est 8 heures, et pour Mamie Claude, c’est 16 heures. Donc on a chacun notre idée d’une journée, mais si on se dit qu’on travaille « un jour », Karine travaillera 50% de moins que Mamie Claude.

👉  Tenez compte de ce qui est facturable (lié à une vente) et de ce qui n’est pas facturable (l’admin, la compta, les finances …)

👉  Indiquez sur votre timesheet : la date, l’heure de début et l’heure de fin, le nom du dossier, la prestation en quelques mots.

👉  Par exemple : 17 mai / 14h00 – 18h00 / BLOG / Rédaction de l’article « 5 erreurs à éviter »

 

Quand remplir votre timesheet ?

Tous les jours. Et je parle d’expérience, il faut s’y tenir. C’est aussi un bon travail pour se rendre compte de toutes ces tâches chronophages qui polluent votre temps de cerveau.

Que faire de votre timesheet ?

Partagez votre timesheet à la fin de chaque mois avec votre associé. Sur base de ces timesheets, consacrez un point trimestriel pour vérifier si vous êtes toujours alignés et faire un point sur l’avancée des dossiers ou réadapter les objectifs.

4. Ne pas prévoir le divorce dès le début

 

J’aime faire un parallèle entre le mariage et l’association entrepreneuriale. Je vais donc pousser la métaphore un peu plus loin. Quand vous établissez un contrat de mariage, les modalités de séparation sont définies dès le départ : séparation … et décès.

Pour les boites, pourtant, dans tous les modèles types de société que je rencontre, rien n’est prévu pour gérer une séparation.

Résultat

Ne pas être prévoyant dès le début, c’est s’exposer à des discussions extrêmement désagréables au moment de la séparation :

😤  quand vous ne vous entendez plus avec votre associé,

😤  quand l’émotionnel est exacerbé par le conflit,

😤  quand des frustrations dirigent vos décisions,

😤  quand le rationnel est relégué aux oubliettes.

 

Il sera donc très difficile d’obtenir des accords pour résoudre votre conflit. Soyez bien conscient qu’au moment de vous séparer, vous n’aurez plus qu’une chose en tête :

« Comment virer mon associé ? Je ne le supporte plus. »

 

Conditions de séparation et clauses d’exclusion

 

La solution ? Prévoyez dès le départ les conditions de séparation. Concrètement, on parle de clauses d’exclusion. C’est à dire qu’on prévoit que si l’un des associés :

🚨  Pique dans la caisse pour un montant de 5.000€ et plus sur 6mois,

🚨  Ne vient pas bosser pendant 6 mois consécutifs ou plus sur une période de 12 mois,

🚨  Détourne les clients,

🚨  Débauche du personnel ou des fournisseurs clés,

🚨  Dénigre votre personne et vos actions,

🚨 

Il est exclu lors d’une assemblée générale extraordinaire. Il va sans dire que l’associé n’a pas besoin de cumuler toutes les tares pour être exclu.

Attention pépite : si vous êtes dans le cadre d’une association 50/50 🙄, l’autre peut s’opposer théoriquement à son exclusion. Prévoyez alors dans votre clause d’exclusion, que si l’un des associés a la preuve que l’autre a commis une faute grave (voir liste ci-dessus), il obtient un droit de votre de 51%. Ce qui lui permet d’exclure l’associé fautif.

Ce point technique est possible en Belgique. Vous habitez en France, Suisse, Afrique ou au Canada et vous me lisez ? Déjà, merci ! Et ensuite, vérifiez si cette particularité est faisable chez vous !

 

5. Ne plus avoir de vie privée

 

Allez, celle-là, c’est vraiment la cerise sur le gâteau. Vous êtes associés … et vous êtes en couple. Et, évidemment, vous parlez boulot dès le réveil et jusqu’au coucher. Il envahit chaque instant de votre vie et toutes les pièces de votre maison. Votre vie professionnelle prend le pas sur votre vie privée, vous n’arrivez plus à faire la distinction entre les deux et un beau matin, tout vole en éclat.

Votre couple, en même temps que votre association, capote.

 

Le « Franck & Karine Show » !

 

Petite tranche de vie chez Franck et Karine, c’est à dire nous 🥳. Notre bureau est chez nous. Le boulot ne devrait pas sortir de cette pièce. Et pourtant, en bon hyperactif que je suis, je poursuis ma femme partout dans la maison et à n’importe quelle heure. Et ce, dès qu’une idée me passe par la tête.

Résultat ? Karine pète un câble … Et je la comprends. Nous avons donc dû mettre en place certaines règles pour que notre business ne prenne pas trop de place sur notre vie. On vous partage les 5 principales :

1️⃣  Interdiction FORMELLE de parler boulot avant 9 heures. Dans le cas de Karine, la règle s’étend à : « interdiction FORMELLE de parler boulot avant qu’elle ait terminé sa tasse de thé de 1/2 litre » – elle le fait exprès, c’est interminable.

2️⃣  Interdiction FORMELLE de parler boulot après 19 heures. Et c’est une torture, vraiment.

3️⃣  Pas d’interaction sur le boulot le week-end, MÊME si l’un ou l’autre a besoin de travailler.

4️⃣  S’accorder au moins un moment à deux dans la semaine pour une activité commune – pour nous, c’est le yoga le jeudi matin. Même si je suis souple comme un bâton.

5️⃣  S’accorder au moins une fois par trimestre quelques jours en amoureux, pour déconnecter complètement.

En clair, trouvez votre routine. Mais prenez en compte la personnalité de chacun pour que tout le monde s’y retrouve. Là encore, l’idée est d’éviter des frustrations. Et qui dit frustrations dit conflit, qui dit conflit dit divorce, qui dit proches te dit deuils car les problèmes ne viennent pas seuls …

Hein ?

Quoi ?

KARINE ! ETEINS LA RADIO ! STROMAE S’EST INVITE DANS LE BLOG !

En bref

Les 5 erreurs à éviter pour une bonne association :

👉  Ne pas considérer les valeurs de l’autre et ne pas avoir partagé ses valeurs avec l’autre

👉  S’associer sur base d’un 50/50 

👉  Ne pas compléter de timesheet, seules preuves objectivables du boulot effectué

👉  Ne pas avoir pensé au divorce lors de la lune de miel, pour éviter les discussions compliquées en pleine séparation

👉  Ne pas faire la distinction entre vie professionnelle et vie privée, surtout si vous travaillez avec votre partenaire

Voilà c’est tout pour cet article ❤️

Pour rappel, mon objectif est de vous transmettre ce que mes clients ont vécu et ce que j’aurais aimé savoir pour mieux m’associer. Ce ne sont pas des conseils juridiques.

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Quand vous êtes prêt(e), voici 2 manières dont je peux vous aider :

1️⃣  Reprenez le contrôle de votre vie et de la relation à votre associé avec le guide Antidote

2️⃣  Réservez un coaching 1 :1 avec ici un accès direct à mon agenda

Si vous pensez que cet article peut aider une de vos connaissances, n’hésitez pas à le partager.

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