Non à la médiation dans un conflit entre associés !

Tête de crocodile identifiable par son oeil jaune. Non à la médiation si votre associé est un crocodile tapis dans l'ombre.
©Jens Cullmann photography

Se lancer immédiatement dans une médiation pour résoudre son litige avec son associé, c’est comme aller à la guerre avec un couteau à beurre. C’est une erreur qui peut vous être fatale si vous ne vous êtes pas préparé et si nous n’avez pas assuré vos arrières. D’autant plus si votre associé n’est pas aussi bienveillant que vous. Alors que risquez-vous ? Et quelle est la bonne pratique ?

Vous êtes plutôt Groschéri, Grosbisou, Grosgateau ou Groscopain ?

Oui, je sais, drôle de question pour commencer un article sur la médiation entre associés. Mais je m’interrogeais : quel genre de Bisounours êtes-vous ? Celui qui aime tout le monde, qui marche sur des arcs-en-ciel et qui est bien trop gentil ?

 

Je vous vois arriver sur vos grands chevaux – ou grandes licornes – et me dire : « Mais, être gentil ou bienveillant, ce n’est pas un défaut ! ». Non, évidemment. Mais bienveillance ne veut pas dire naïveté et candeur.

Et c’est encore plus vrai lors d’une procédure de médiation entre associés. 

 

Bisounours VS crocodile : le guet-apens de la médiation entre associés

Bisounours sur un matelas dans l'eau et un crocodile gueule ouverte s'approchant dangereusement. Assurez-vous que la médiation est la bonne solution pour résoudre votre litige entre associés.

Qui vous dit que votre associé est dans le même état d’esprit que vous ? Tout le monde ne peut pas être un Bisounours. De par mon expérience, je peux vous le dire : les Bisounours sont souvent associés à des Crocodiles.

Votre premier réflexe, quand il y a un conflit entre vous, est d’avoir recours à la médiation. Dans un but bienveillant et juste, vous voulez résoudre ce conflit sans être forcément préparé. Mais votre associé n’est peut-être pas aussi conciliant qu’il le laisse paraître.

Il a déjà préparé son plan d’attaque et attend peut-être tapi derrière vous, en mode Psychose – vous savez la scène dans la douche  – pour vous planter un coup de poignard ?

 

Votre associé a déjà plusieurs coups d’avance

 

Recourir immédiatement à la médiation, c’est nier que l’autre est peut-être un Crocodile. Il jouera les faux-conciliants par devant tout en préparant la guerre dans l’ombre, s’assurant plusieurs coups d’avance contre vous.

Concrètement :

🐊 Il vous tire subtilement les vers du nez et utilise des informations qu’il n’était pas sensé connaître à son profit

🐊 Il joue les victimes en vous accusant d’être agressif alors que vous êtes dans le ressentiment. Vous tombez dans le panneau et vous faites des concessions financières excessives

🐊 Il siphonne le compte en banque et à la sortie de la médiation, prend le premier vol pour Buenos Aires (cas véridique !)

🐊 Il est en train de vendre ses parts à un tiers alors que vous êtes normalement en processus de rachat

🐊 Il récupère tous les clients de la boite alors que vous attendez sagement de signer un accord pour savoir qui aura quel client.

🐊 Il joue au con pendant la médiation et ça fait un flop … Sauf qu’il faut bien payer le professionnel qui vous a entendu tous les deux et les avocats qui vous ont accompagné. Sans compter le temps perdu tout ça pour se retrouver à la case départ.

 

Résultat ?

 

Une première médiation entre associés que vous pensiez fluide et simple se transforme en guet-apens digne des films de guerre. Vous vous retrouvez à poil : vous avez candidement donné le bâton pour vous faire battre.

Votre associé détient toutes les cartes pour vous éjecter. Il peut aussi plus facilement faire pression pour vous soutirer une grosse somme pour son exit.

Donc vous comprenez bien que le plan A de la médiation « toute gentille » est un échec. Mais avez-vous un plan B ? C’est comme si vous vous aperceviez, après avoir sauté de l’avion, que vous avez oublié votre parachute.

 

La guerre, ça se prépare. La médiation avec son associé aussi.

 

Ne partez pas en médiation la fleur au fusil. Préparez votre coup et dressez la liste de vos attentes. Ce n’est pas une trêve que vous voulez signer. C’est une paix durable.

Bon, assez parlé de guerre. Concrètement :

👉 Listez à l’avance les éléments non négociables ou à récupérer en cas de séparation. Comme par exemple le montant max auquel vous êtes prêt à racheter les parts de votre associé ou le montant minimum auquel vous êtes prêt à vendre.

👉 Faites-vous aider par votre conseiller stratégique ou votre avocat d’affaires tout en restant discret sur cette aide. L’autre ne doit rien savoir.

👉 Imaginez le « worst case scenario » Qu’est-ce que l’autre fera des informations que je vais lui donner pendant la médiation ? Quel est mon risque si la médiation ne réussit pas ?

👉 Demandez à votre avocat de vous accompagner si vous craignez que l’excès émotionnel vous fasse prendre des mauvaises décisions

 

Je vous conseille également déviter d’utiliser votre boite mail professionnelle pour toutes vos démarches liées à la préparation de la médiation. Plus largement, utilisez une boite mail indépendante pour tout ce qui touche à votre séparation – je vous explique tout dans mon autre article.

 

SUR LE RÔLE DU MÉDIATEUR

 

Petite note, tout de même, sur le médiateur ou la médiatrice (ou la bissectrice, blague de matheux) qui vous accompagnera. Il ou elle n’est en aucun cas parti pris. Son rôle est de déminer l’émotionnel, vous aider à résoudre le conflit.

Mais il ou elle ne fera jamais le boulot à votre place.

Ce sont VOS propositions et VOS accords.

 

Révélez le GrosCroco qui est en vous

 

Vous voyez ces films où la jeune ingénue devient subitement une guerrière intrépide ? Où le mec qui se fait harceler à l’école s’affirme enfin et devient justicier ? Bon … Vous comprenez où je veux en venir.

Vous êtes un peu Bisounours ? Devenez GrosCroco. Mettez-vous dans la peau du Crocodile et acceptez de réfléchir comme lui.

👉 Acceptez que l’autre n’est pas bienveillant comme vous – contrairement aux apparences

👉 Préparez la possibilité que la médiation échoue

Sécurisez ce qui peut l’être :

✅ La clientèle

✅ Les ressources clés

✅ La trésorerie

✅ Les codes de la société

✅ Les informations confidentielles de la société

 

En résumé, pourquoi ne pas aller en médiation dans un litige entre associés sans se préparer ? 

 

Parce que vous devez prendre en compte le fait que votre associé n’est peut-être pas un allié et qu’il vous bouffera tout cru dès qu’il le pourra.

Et parce que vous risquez :

❌ de signer n’importe quoi au détriment de vos intérêts

❌ de perdre du temps, de l’argent, de l’énergie parce que la médiation a échoué

 

Quand vous vous rendrez compte qu’il faut parfois se transformer en Croco, il sera trop tard. Donc si vous voulez la paix, préparez la guerre. Anticipez, votez, éliminez le Maillon Faible. C’est-à-dire le Bisounours qui est en vous.

Voilà c’est tout pour cet article ❤️

Pour rappel, mon objectif est de vous transmettre ce que mes clients ont vécu et ce que j’aurais aimé savoir pour mieux m’associer. Ce ne sont pas des conseils juridiques.

besoin d'aide ?

Quand vous êtes prêt(e), voici 2 manières dont je peux vous aider :

1️⃣  Reprenez le contrôle de votre vie et de la relation à votre associé avec le guide Antidote

2️⃣  Réservez un coaching 1 :1 avec ici un accès direct à mon agenda

Si vous pensez que cet article peut aider une de vos connaissances, n’hésitez pas à le partager.

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